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Four à goémon aux Glénan (article Annick Le Douget)

Annick Le DOUGET nous présente le goémon dans tous ses états

Industrie et réglementation dans le pays fouesnantais au cours des siècles

Aujourd'hui, nous ne regardons plus le goémon échouant ou croissant sur nos côtes comme une importante richesse naturelle. Les roches des îles Glénan en abondent, les grèves fouesnantaises s'en couvrent au gré des vents et des marées. Et pourtant, il faut savoir que, de tout temps, il a été objet de convoitise. . .
Don de le mer ou don du ciel, il était source de richesse pour les paysans de la région: la fertilité des sols amendés par l'apport de ces algues était reconnue depuis longtemps. Mais outre les agriculteurs, les industriels s 'y sont intéressés dès le XVIIIe siècle pour la fabrication de la soude, puis pour l'extraction de l'iode, tant sur les îles que sur la côte fouesnantaise. Nous allons voir que ce cadeau de la nature était jalousement préservé. . .

Coupe et ramassage du goémon

La réglementation générale en matière de ramassage ou de coupe de goémon Elle est compliquée, car elle a
beaucoup évolué dans le temps et de plus, elle a varié selon les usages locaux...

«Goémon vif» ou «goémon jet» ?

Mais ce qui est constant, c'est la différence de valeur entre ce qu'on appelle le «goémon vif» ou goémon de roches, adhérent aux rochers, et le «goémon jet», mort, épave ou échouage. L'ordonnance de la Marine de 1681 prévoyait que les habitants des paroisses devaient se réunir le premier dimanche de janvier de chaque année afin d'arrêter l'époque et la durée de la coupe du varech. On ne pouvait en cueillir que sur les côtes de sa propre paroisse, et il était interdit d'en vendre aux « forains » ou de le transporter sur une autre paroisse. En 1731, Louis XV fixait lui-même les époques d'ouverture et de clôture des coupes (entre le 15 janvier et le troisième jour suivant la pleine lune d'avril). Coupe ou arrachage du goémon vif ? De plus, notre Roi décidait qu'il fallait couper le goémon à la faucille ou au couteau et non l'arracher. Suite à quelques réclamations, l'Académie des Sciences dépêcha plusieurs savants sur les côtes
du royaume pour vérifier les conséquences de la coupe ou de l'arrachage.

L'industrie de la soude aux Glénan au XVIIIe siècle Son implantation au XVIIIe ne fut sans doute pas sans inconvénients pour l'unique famille qui vivait alors dans l'archipel, ni pour les militaires qui pouvaient y stationner. On a peine à imaginer aujourd'hui la pollution ainsi imposée au voisinage. . .

Photos du four à goémon sur l'île St-Nicolas

Fabrication de la soude

La soude est le produit de la combustion du varech ou goémon. Le goémon ramassé est desséché à l'air puis brûlé dans des fours primitifs, fosses creusées dans le sol (en général, 0,5 mètre de profondeur, 5 mètres de long et 1 mètre de large) et tapissées de pierres schisteuses de la région; le varech amené dans cette cuve est allumé et la combustion conduite de façon à amener la plus grande partie de la masse à la fusion. En brassant le tout, on forme une masse fondue homogène que l'on peut ensuite casser en gros pains commodes pour le transport. Au XVIIIe siècle, les verreries utilisaient cette soude comme l'un des « fondants» permettant la fusion de la silice, au même titre que la potasse par exemple, la chaux ou le plomb. (Rappelons que le verre est le produit de la combinaison par la fusion de la silice avec une ou plusieurs bases alcalines). Cette soude, qui donnait aussi une plus grande malléabilité au verre, rentrait à proportion de 8 à 19% dans sa fabrication. Sa proportion était moindre dans « la gobeleterie », c'est à dire la verrerie de table ou la flaconnerie. Mais la soude était aussi la matière première permettant l'extraction de l'iode et la préparation du chlorure de potassium. L'iode est un corps simple découvert en 1811 dans les cendres de varechs par Courtois, fabricant de salpêtre à Paris, sur une étude due surtout à Gay-Lussac.
Il avait remarqué que les varechs concentraient les iodures de potassium, de sodium et de magnésium dans leurs tissus et que l'on pouvait les extraire de leurs cendres.

Le traitement des algues était différent pour cet usage de la soude. Alors que l'on employait jusqu'alors de préférence les goémons épaves pêchés du 1er mai au 30 septembre, plus faciles à sécher, l'on s'était rendu compte que les goémons les plus riches en iode étaient ceux coupés et retirés de l’eau immédiatement : ils ne perdaient que peu d'iodure par leur section; à l'inverse, le goémon qui avait séjourné quelque temps dans l'eau après avoir été détaché de ses racines perdait une grande partie de l'iode.

Le ramassage et le séchage devaient être soigneux. En effet, il fallait éviter la présence du sable dans la fabrication de la soude, car la silice, au contact des iodures, dégageait de l'iode et diminuait d'autant la valeur de la soude, valeur proportionnelle à sa teneur en iode. La soude obtenue était achetée par les fabricants d'iode et traitée dans leur usine pour l'extraction de cet élément. Pour indication, cinq tonnes de goémon sec donnaient une tonne de soude contenant de ½ à 1 kilogramme d'iode.

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Sources: Archives départementales du

Finistère, notamment cotes 4S340, 2F24, 5M78 ; Archives départementales d'I11e-et- Vilaine (C3838, C3913),
Archives municipales de Fouesnant (délibérations municipales).

«Usages et Règlement locaux dans le département du Finistère» (Limon- 1852)

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Date de création : 05/09/2013 @ 19:38
Dernière modification : 06/09/2013 @ 12:59
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Texte à méditer :  

La vraie tragédie de la vie, c'est qu'on devient vieux trop tôt et sage trop tard.   


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