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Jean-Yves Le Dréau Quand l'amer monte n°7

Quand l’amer monte

 À vrai dire, je dois avouer que je n’ai jamais compris le sens profond du refrain du grand Raoul de Godewarsvelde : « Quand la mer monte, j’ai honte, j’ai honte ». À moins que ce ne fût une métaphore pour évoquer l’imbibition chronique du chanteur qui avouait devoir sa voix caverneuse à « une laryngite de comptoir ». Cela occupait mes pensées, ce samedi 21 mars, en allant à Mousterlin où j’avais enfin décidé de débuter mon footing printanier afin d’éviter le ridicule lorsque viendrait l’heure de s’exposer sur les plages de l’été. En fait, cela tombait plutôt bien puisque c’était jour de « marée du siècle » et que le soleil et la lune s’étaient donné rendez-vous pour nous imposer une lumière crépusculaire en pleine journée.Le spectacle promettait d’être magnifique sur les dunes. Mais d’éclipse, on n’en vit point, les nuages s’étant concertés pour nous cacher la fugitive étreinte des deux astres. Quant à la mer, faisant taire sa rumeur, elle s’était inscrite aux abonnées absentes. Dans les lointains, émergeaient des étocs jusqu’alors inconnus, comme si un monstre du Crétacé supérieur, jailli des profondeurs, était venu humer l’air du côté des Glénan. Besogneux, ahanant, je poursuivis donc mon chemin de croix, dans une solitude surprenante, légèrement contrarié de devoir me contenter, la tête courbée par l’effort, du sol cahoteux d’un chemin interminable pour tout horizon. Soudain, apparut un promeneur, un livre à la main, déclamant à haute voix un poème où je crus reconnaître les vers de Baudelaire : « Homme libre, toujours tu chériras la mer. » Cela me convainquit que, quoi qu’on en dise les astres ont une influence certaine sur le comportement humain. Quant à la grande marée, je la retrouvai, à mon retour à la Pointe de Mousterlin, non pas du côté de l’océan mais sur la corniche où une foule de promeneurs, de pêcheurs, de curieux tentait de se frayer un passage parmi les voitures. Mais cela faisait longtemps que la mer qui, elle au moins, tenait parole, s’était éclipsée.

De grande marée, il n’y en eut point, le lendemain, dans les bureaux de vote, pour le premier tour des élections départementales. Le reflux ne fut pourtant pas si important qu’on le redoutait (45% d’abstention en 2015 contre 54% en 2011 au 1er tour). Le scrutin, il est vrai, n’avait rien pour passionner les foules. Au second tour, on le sait, le canton est revenu à droite après le double intermède rose de Nathalie Conan. Mais revenons au 1er tour. Il est riche d’intérêts. Concentrons-nous sur Fouesnant. Avec 4,42%, le Front de gauche poursuit son inexorable déclin qui n’avait pas permis à André Bernard d’être élu aux dernières municipales. Vincent Esnault subit un véritable revers car il perd 300 des 745 voix qui s’étaient portées sur son nom, l’an dernier. Les socialistes semblent scotchés autour des 25%. Ce qui n’est pas suffisant pour prétendre à la victoire finale surtout quand la gauche est divisée et que le désamour national pèse lourd (52,96% pour Nathalie Conan en 2011, 41,49% pour Mohamed Rihani en 2015). Il convient de noter qu’on méconnaît l’impact qu’ont pu avoir l’élection en binôme et l’arrivée d’Ergué-Gabéric. À Fouesnant, c’est en effet un binôme inédit (et sans Fouesnantais) qui a viré en tête (41,82%) et l’a emporté avec Sophie Boyer et Alain Le Grand. Reste le cas du Front National. De loin le plus préoccupant. Vous connaissez, vous, Marie Dechamps et Sylvain Furic ? Vous avez vu quelque part leur photo ? Vous les avez rencontrés ? Le Front National est le seul parti qui transforme ses candidats destinés à nous représenter en simples propagandistes d’une idéologie douteuse en ayant le cynisme d’ajouter qu’il se moque bien des considérations locales. Et pourtant, il fait un bond vertigineux à Fouesnant. L’extrême-droite avait atteint péniblement 3,51% en 2011. Elle arrive à 16,93%, cette fois. Les Fouesnantais deviendraient-ils extrémistes ? Non, bien sûr. Ce sont des jeunes en quête d’un avenir, des ouvriers en recherche d’un travail stable, des agriculteurs en déshérence. Ils ont le sentiment que personne ne comprend leur désarroi. Alors, quand ils votent FN, c’est leur grande amertume qu’ils expriment. Il faut faire attention. Quand l’amer monte, les raz-de-marée qui suivent sont parfois dévastateurs.
Gare à 2017.

JYLD

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Date de création : 04/04/2015 @ 13:46
Dernière modification : 04/04/2015 @ 13:54
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Texte à méditer :  

La vraie tragédie de la vie, c'est qu'on devient vieux trop tôt et sage trop tard.   


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