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la malle - La malle (Maryvonne)

LA  MALLE  - Récit de Maryvonne  - départ de vacances de

"Paris à Beg-Meil"

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Le jour où « la malle » faisait son apparition au beau milieu du salon à Paris, notre vie changeait. Bien sûr, nous avions bien senti que cet événement tant attendu était imminent, mais quand nous rentrions de l’école et qu’elle était vraiment là, c’était le signe, le signe des vacances proches.

Elle trônait comme un totem, non que nous l’adorions en elle-même par des rituels organisés, mais je crois que mes frères comme moi lui réservions chacun des moments pour l’observer et rêver à Beg-Meil encore plus précisément que tout au long de l’année.

Chaque jour le niveau avait monté dans la malle, parfois moins que la veille quand Maman avait seulement bouché les trous par des petits trucs : savon, épingles de sûreté, et autres mouchoirs – en tissu. En ce temps d'après guerre il fallait tout prévoir.

Maman fonctionnait sûrement avec des listes, comme elle le fait encore, sur des morceaux de carton découpés dans de vieilles boîtes. Elle rayait au fur et à mesure. Pas la peine d’avoir double dose de matériel de couture... Mais parfois pendant le dîner, elle se levait : Ah ! j’ai failli oublier... les gants de toilette, ou le jeu de cartes, ou encore autre chose. Faire la malle lui occupait toute la tête pendant un mois, à Maman.

Pour le matériel de bicyclette : burette, rustines, clé à vélo, c’était Papa ; il avait droit à des petits trous dans la malle. Le matériel de camping, c’était lui aussi qui vérifiait tout, mais celui-là devait voyager avec nous par le train, dans les sacoches à vélo où il était à poste, chaque pièce répertoriée à sa place dans sa sacoche numérotée. Sauf la batterie de cuisine en aluminium qui logiquement devait avoir sa place dans la malle.

Mais je n’en ai jamais fait l’inventaire.

La malle en osier, que Papa avait remontée de la cave était, avec ce qu’il y avait dedans et le niveau qui montait, un symbole et cela nous suffisait pour savoir que ces vacances seraient encore formidables.

Depuis longtemps le rendez-vous était pris avec le camion Calberson de la SNCF pour l’enlèvement à domicile de la malle et de nos bicyclettes en bagages enregistrés, et Maman, quelques jours avant la date fatidique, commençait invariablement à paniquer : non, la malle ne serait jamais finie à temps, ce ne serait pas possible, cette année elle n’y arriverait pas... Et finalement si, elle y arrivait ! Comme chaque année !

Je ne me souviens pas du déballage à Beg-Meil, ni du remplissage pour le retour à Paris, mais dans ce sens c’est toujours plus facile de faire les bagages, il suffit de tout remporter, on n’a pas à choisir !

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         Maman précise que cette malle, en osier, avait été achetée par ses parents pour son entrée en pension au Lycée de Versailles en 1925. Elle est finalement tombée en poussière et fut brûlée à Gif, notre campagne près de Paris dans les années 80.
 

Récit de Maryvonne C.

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Date de création : 17/11/2009 @ 20:13
Dernière modification : 11/03/2019 @ 17:05
Catégorie : la malle
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Texte à méditer :  

La vraie tragédie de la vie, c'est qu'on devient vieux trop tôt et sage trop tard.   


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