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Emile Simon : Un peintre dans son cadre...

Squividan. Un manoir habité par l'art

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De 1947 à 1976, le manoir de Squividan a été transformé en bouillonnant atelier d'artistes. Des centaines d'oeuvres y ont été créées par Émile Simon et Madeleine Fié-Fieux, que Clohars-Fouesnant célèbre aujourd'hui via un petit musée.

Manoir de Squividan à Clohars-Fouesnant

Juillet1995. Sur l'une de ses dernières photographies, Madeleine Fié-Fieux est dans son jardin, coiffée d'un chapeau de paille. Le visage illuminé par un demi-sourire, elle semble se délecter de la douceur d'un souvenir lointain. Peut-être rêve-t-elle de cette année 1938, où elle posa pour Émile Simon (ci-dessus, son autoportrait). Elle avait quarante ans, l'oeil juvénile et le visage serein. Le peintre a tout saisi de ce moment, la riche couleur pourpre de la robe, la lumière impressionniste, l'abandon radieux de son sujet. Il a gardé en mémoire la qualité des soirées passées avec ce couple d'amis, Madeleine et Philippe. Dans ce portrait délicatement baptisé «Souvenir de Chopin», il met plus que de l'amitié... On y sent cette «communion totale entre celui qui peut peindre et celui qui pose», dira plus tard le modèle.

Murs couverts de tableaux

Cette fraternité artistique, partagée avec le docteur Philippe Fieux, amateur éclairé, a élu domicile, trente ans durant, dans le discret manoir de Squividan, à Clohars-Fouesnant. Une seule fenêtre du rez-de-chaussée reste ouverte à la curiosité du visiteur. Faute de mieux, ce modeste oeilleton aide à entrevoir ce que fut ce havre de paix et de bonheur. À travers le carreau, on devine le souvenir d'une existence huppée, histoire dont les cuivres ternis et le plafond mouluré écrivent le dernier paragraphe. Pour le reste de la demeure, il faut s'en remettre à des images, hélas caduques, d'une caverne musée aux murs couverts de tableaux. Cette profusion vertigineuse et presque pathologique trahissait la vérité de cette maison. Oui, celle-ci fut le théâtre de grands repas bourgeois, au terme desquels le vent éparpillait rires champagnisés et chants joyeux du piano. Oui, quelques bals ont égayé ici les nuits d'été de l'après-guerre, lorsque le domaine devint propriété des époux Fieux en 1947. Pourtant, à Squividan la paisible, seuls le travail et la discipline rythmaient le quotidien.

La lumière froide du nord

Le véritable maître des lieux était l'art, grande affaire à laquelle Émile Simon et Madeleine Fié-Fieux se soumirent avec passion. Si fête il y eut, ce fut celle de la lumière, des formes et de la matière. Arpentant le jardin, «oasis de verdure et de tranquillité», écumant les rivages et le patrimoine des environs pour y faire provision de visages, d'inspiration et d'atmosphère cornouaillaise, le duo déposait ensuite ses trésors immatériels dans l'atelier, au dernier étage de la maison. Un étage percé d'une grande verrière orientée au nord, pour profiter de l?éclat froid qu'aimaient tant ces deux créateurs insatiables, qui en éclaboussèrent des centaines de paysages, de portraits et de natures mortes. Ah, cette belle et fidèle lumière du nord. C'est peut-être à cette lueur fertile que Madeleine Fié-Fieux, couronnée de paille, souriait une dernière fois en cet été 1995.

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Émile Simon : Un peintre dans son cadre au manoir de Squividan à Clohars-Fouesnant

De toutes les régions de France, la Bretagne, depuis le milieu du XIXe siècle, a le plus fixé le regard des peintres», a souligné le conservateur du musée breton, Philippe Le Stum, lors de l'inauguration de la salle d'exposition du Manoir de Squividan, à Clohars-Fouesnant.

<b> Émile Simon.  Un peintre dans son cadre au manoir de Squividan.</b><br />L'atelier d'Émile Simon a été reconstitué à l'identique dans la salle d'exposition du manoir ouverte au public. Photo Delphine Tanguy

À partir des années 40, Madeleine Fié-Feux, la propriétaire des lieux, y a accueilli le peintre Émile Simon, son professeur aux Beaux-Arts de Nantes. Et jusqu'à la mort du peintre en 1976, ils vécurent et peignirent ensemble dans le cadre enchanteur du manoir et de son parc de 2,5 hectares.

Reconstitution de l'atelier de l'artiste


Les oeuvres de ce peintre «fidèle à la figuration» et qui peignait sur le motif, sans retouche, composent l'essentiel de la collection conservée dans le manoir qu'elle a légué au conseil général du Finistère, après sa mort en 1995, à condition de l'ouvrir au public. C'est aujourd'hui chose faite, puisqu'une salle d'exposition attenante à la maison de maître, qui date du XIXesiècle, présente une sélection d'une trentaine de tableaux, ainsi que la reconstitution de l'atelier de l'artiste où figure en bonne place son autoportrait. Une toile intitulée «Sur le départ» et exposée au salon des artistes français, en 1972, témoigne du "métier très sûr" d'Emile Simon. Des objets qui ont servi de modèles à certains tableaux, comme "Guidéa", une nature morte signée Madeleine Fié-Fieux représentant des poupées et une tête de roi mésopotamien contribuent à faire vivre l'esprit de cette maison de peintre.
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Pratique Manoir de Squividan :  Émile Simon, peintre de la Bretagne, ouvert jusqu'au 30 septembre. Tarif:2,50 €, gratuit pour les moins de 25 ans. Tél.02.98.54.60.02
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J'ai eu la chance d'être invitée au manoir de Squividan par Madeleine Fié-Fieux pour y prendre un thé et surtout pour y admirer les nombreux tableaux peints par elle-même ou Emile Simon. Quel bonheur !
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Source : le Télégramme - 6 juin 2009
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Date de création : 03/08/2010 @ 11:27
Dernière modification : 30/12/2014 @ 17:53
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Texte à méditer :  

La vraie tragédie de la vie, c'est qu'on devient vieux trop tôt et sage trop tard.   


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