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La nostalgie de Beg-Meil 29170 Fouesnant

La nostalgie de Beg-Meil 29170 Fouesnant

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Il est des lieux avec lesquels nous avons un rapport très fort. Bien souvent, ces lieux sont intimement liés à un moment de notre vie, et souvent à notre enfance. Nous ne voulons pas que ces lieux changent, évoluent, se modernisent. Au contraire, nous souhaiterions les placer sous cloche afin que rien ne change et que le site de nos plus jeunes années soit préservé tel qu’il était jadis.

Collection privée

Beg-Meil est, pour moi, l’un de ces lieux.

Cette petite station fouesnantaise a, comme partout ailleurs, subi les affres du temps et s’est adaptée à l’évolution de la société. Il y eut l’ouragan de 1987 qui détruisit la pinède et endommagea de nombreuses villas. Certaines, plus ou moins délaissées, ne s’en remirent pas. Les hôtels fermèrent les uns après les autres tandis qu’un peu partout poussaient des résidences d’appartements. Moi-même je vous écris de la résidence de l’hôtel des Dunes.

 

La cale de Beg-Meil

 

S'il est un endroit symbolique de notre station balnéaire de Beg-Meil, c'est bien la Cale. Lieu de convivialité, où l'on débarque après une traversée de la baie de Concarneau ou d'une excursion aux Glénan, où l'on achète le poisson et les superbes langoustines encore frétillantes tout juste débarqués du petit bateau. Malgré l'interdiction, on trouve toujours en été quelques jeunes plongeant du quai à marée haute (et comment les blâmer...), et quelques petits pêcheurs, qui, eux aussi, bravent l'interdit. Bref, il y a toujours quelque chose à voir à la cale. Et si c'est calme, il reste encore les superbes villas voisines, qui semblent nous faire croire que le temps ici n'a pas de prise.

Le 18 août 1920 (le cachet de la poste semble faire foi) S. Longfils envoie cette carte à une "chère madame" avec cette curieuse formule de politesse "Bonnes amitiés de ménage à ménage".  Et en bas, cette petite note "La villa de nos amis". Cette villa est l'exemple même des somptueuses demeures qui jalonnent le littoral de Beg-Meil, témoins de son faste passé.

Voici donc "la villa de nos amis" sise sur le Boulevard qui mène au sémaphore, en face de la pinède de Kermyl.

Beg-Meil-La villa de nos amis Beg-Meil-Boulevard 2009JPG

Carte et photo de Philippe G.

Quand j’étais enfant, notre plage c’était Kermyl et nous garions la DS19 près de ce vieil hôtel abandonné, symbole d’une époque révolue, celle où le mot vacances rimait avec aisance. (Cela dit, en ces temps de crise, ma rime redevient actuelle).

 L’an passé ce fut au tour du Thalamot de fermer ses portes ; cet hôtel dans lequel j’ai exercé mon premier job d’été comme plongeur. Nous y avons bu une dernière coupe de champagne, servie par mon ancien patron, l’affable Michel Le Borgne.

Tout fout l’camp !

Aujourd’hui, en cet été 2010, il ne reste plus rien à la pointe, pas même un marchand de glaces (l’année dernière, il y avait "reggae Man", un pur rasta avec son camion aux couleurs jamaïquaines et sur lequel était écrit en lettres arrondies "tout va bien").

En ville, la nouvelle résidence de luxe, « Les jardins de Beg-Meil » est achevée et il n’a pas fallu un an pour écouler les derniers appartements. Antérieurement, à cette adresse était l’hôtel "Au bon Accueil" où mon copain Pierre travaillait au même moment que moi au Thalamot. La boucherie-charcuterie est fermée et à vendre. Elle ne rouvrira jamais.

 

Photos Nicole Le Page 

Encore et inlassablement : des appartements dans lesquels d’anciens campeurs économes et las des courbatures et des vicissitudes de la toile de tente investissent. Reconnaissons que le choix est plus fin que celui du camping-car (passer ses vacances à conduire un camion !) Une note positive : j’aime assez le côté rétro de cette nouvelle résidence bâtie dans un style évoquant les villas de bordure de littoral.

Voilà, tout change. Brutalement parfois comme lorsque l’on démolit un vieil hôtel. Ou par petites touches, lorsqu’un commerce disparaît. Nous n’y pouvons rien, il s’agit d’intérêts privés qui, sans doute, s’adaptent aux évolutions de la consommation. Mais lorsque intérêt public et intérêt privé s’opposent, la polémique s’en mêle et envenime le débat. La loi de 1986 sur le littoral a souvent été source de conflits ou tout au moins de tensions. Cette loi nous a permis d’accéder à des paysages côtiers sublimes, jusqu’alors seulement visibles par quelques bien nantis. A Fouesnant, c’est un chemin partant de la cale de Beg-Meil jusqu’à la plage de Cap Coz qui fut ouvert, privant ainsi la somptueuse propriété de Bot-Conan de son accès direct et privatif à la plage.

Le marcheur peut ensuite poursuivre son périple jusqu’à Concarneau et sans doute encore au-delà. Franchement, je m’en suis réjoui. Mais il reste, de la pointe du sémaphore à la cale de Beg-Meil, une frange du littoral où le sentier côtier n’existe pas. Une zone occupée par de somptueuses et cossues villas, propriétés de personnalités tout aussi remarquables.

Photos Nicole Le Page

"Favoritisme", "passe-droit", "privilèges" hurlent les adhérents et sympathisants de l’ASPF (Association de Sauvegarde du Pays Fouesnantais) qui réclament l’ouverture du sentier. A force de pétitions et de revendications, elle a obtenu des pouvoirs publics l’ouverture d’une enquête publique qui vient de se clore le 15 juillet dernier. Il est à parier que d’ici l’an prochain l’on puisse donc relier la cale par la côte. Une bonne chose ?

Je ne pense pas ! Cette zone, bientôt foulée par les hordes de piétons – pardon, de randonneurs – va être bardée d’infrastructures qui s’accrocheront à la roche. Les cormorans, les grands goélands et les petites sternes, qui occupent ce secteur en toute quiétude, devront trouver d’autres lieux pour nicher et s’ébattre.  nom de la loi sur le littoral, est-il nécessaire sinon obligatoire de pouvoir fouler chaque centimètre de la frange côtière ? Ma réponse est non. Le chemin creux, par lequel passe encore aujourd’hui le GR a tout le charme requis pour une balade ombragée. Et ceux pour qui le passage par la côte est vraiment essentiel, il faut savoir qu’à marée basse, il est facile de se frayer un chemin entre les plages et les rochers.

Avec ce nouveau sentier, c’est ma madeleine qui va être encore un peu plus grignotée. Voilà un argument qui pèsera sûrement
dans la décision finale des pouvoirs publics.

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Document : Philippe G

Publié dans un précédent blog en Juillet 2010 -  http://impressionsdouest.over-blog.com/

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Date de création : 22/02/2011 @ 10:57
Dernière modification : 26/05/2012 @ 12:20
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Texte à méditer :  

La vraie tragédie de la vie, c'est qu'on devient vieux trop tôt et sage trop tard.   


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